Genre(s): Auteur(s): Epoque:
Edition: Editions de l’enclos Dépot légal: 3eme trimestre 1979 Imprimeur: Brodard et Taupin, Montrouge Usine de la Flèche
La note du collectionneur

Afrique à fric back188 pages de format 11 sur 18
Photo Patrick Magaud

Afrique à fric est le troisième épisode des aventures du janissaire Sam Clitonio qui en comptera cinq (les deux premiers dans la collection de la sulfureuse Régine Deforges et les trois derniers dans la collection tout aussi sulfureuse de Jacques de Saint-Paul).
L’auteur qui signe d’un pseudonyme André Navlis s’appelle en réalité Alain d’Ubrieu né en 1947 à Avignon. C’est un écrivain engagé dans les années 1980 dans la constitution de comités de prisonniers alors qu’il purge une peine de dix années de prison.
On voit bien le clin d’œil aux aventures du commissaire San-Antonio, mais ce roman n’a rien à voir avec un roman policier, on n’y trouve que de l’érotisme débridé et torride à presque chaque page.
André Navlis est bien familier de l’œuvre de San-Antonio et on retrouve ici et là, des noms de personnages qui auraient pu figurer dans des San-Antonio ou bien des phrases ou des paragraphes entiers qu’aurait pu écrire Frédéric Dard, qui aimait les jeux de mots, les énumérations et aussi citer des auteurs célèbres.
Ainsi, on peut trouver pour les noms de personnages : la tribu des Brak’Mahr, tringleurs invétérés, Richard cœur de Gibbon, Lee O’Carey, les dissidents de la tribu des Pin’ Dours, en révolte contre la reine Agripaf, Proserqueue qui n’est pas femme à se laisser surprendre, Négrobit et Carmelo Ofrigo.

Et voici quelques extraits de ce livre :
Quelle différence y a t-il entre une femme experte et une jeune vierge ?
La première est un con-pris et la deuxième un con-promis

A l’air libre, un piton qui culmine à vingt-deux centimètres, ça crée bien des remous, des émotions qui persistent…. On se bat pour l’apercevoir !… On vient de loin le visiter !….La carotte de Lourdes !…La calotte de Rhodes !…La huitième merveille !… la clef du clystère !…la Consule en bavait !.. Se pâmait !… S’agenouillait !…
C’était un dard de fort bonne facture, un long bâton de pèlerin aux veines saillantes, un cep noueux et noir, une colonne d’ébène superbement dressée, qui eut fait se pâmer nombre de mes copines godant pour l’opulence.

Soucieux de rester dans le ton, caméléon de ce décor artificiel, je l’attaquai courtoisement, le Vermot à la bouche :
– Avez-vous vu le dernier Truffian, ma chère ?
– L’ennui américain
– Non, Laquais des brumes
– Un vrai brouillard à couper au Cocteau
– Ça ne vaut pas le dernier golpe story … Du Napalm au Népal
– Ah, oui l’apologie de l’american way of death ?
– On y frizonne ! L’avenir est morose
– Oui, le fond de l’ère est frais

Encore un avocat des pauvres prêcheurs, toujours à plaindre les bas thoniers.
Je ne sais que penser, ou que panser
On dit que l’un d’eux présentait un coup étrange venu d’ailleurs
Il faut se méfier des sodas de deuxième classe
Les autorités se taisent. Ce sont pourtant de bons pères de famille ?
Oh, ces gens-là !… Prenez Debré : il ne pense qu’à la fête des paires

Et le roman se termine par ces 2 dernières phrases
Les verges par le monde sont des hochets de bronze que retiennent de tendres berceaux…
La nuit de feutre a l’indulgence du foutre, et de l’éternité.

Voir aussi :
Episode 1 : Accrocs sur la Crau
Episode 2 : Attentat aux bonnes soeurs
Episode 4 : La môme Angora
Episode 5 : Croisière blanche

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