Genre(s): Auteur(s): Epoque:
Edition: Fleuve Noir Dépot légal: mai 1988 Imprimeur: Imprimerie Bussière, Saint Amand
La note du collectionneur

Collection SA n° 135ça baigne dans le béton back
Illustrateur 1er plat : Photo VLOO

Sous-titre : L’infernale tragédie – Roman tout ce qu’il y a de policier et je dirais même policier

Dédicace : A Maurice RHEIMS,
Avec mon amitié aussi immortelle que lui.
San-A.

Ce roman débute avec une simplicité toute Dardienne : Un jour, il m’est arrivé quelque chose de tout à fait exceptionnel: Moi.
D’emblée on est accroché par la déclaration en 4ème de couverture :
M. Blanc m’avait pourtant prévenu : « Quand on entre dans le grosso modo du Lion, rien ne va plus ! Une période de haute merde commence. »
Tout foire : les femmes les plus choucardes deviennent tartes comme un plat de furoncles et les mecs les plus virils se mettent à goder comme des cravates ! Voilà pourquoi, ayant à charge de protéger un couple de vieux kroums gâtochards, nous nous retrouvons mes potes et moi, avec quatre cadavres sur les brandillons. Moi, tu me connais ? Au début, je ne voulais pas y croire, cartésien comme il est, ton Sana. Seulement, j’ai vite pigé ma douleur ! On vit une époque épique, je te jure !

L’histoire débute à peu près ainsi :
Alphonse Aimé Paul Lerat-Gondin, acceptez-vous de prendre pour épouse Lucienne Eloïse Blagapare, ici présente ?……et ça se répète chaque année depuis deux lustres (qui constituent dix lampes de chevet comme l’assène l’auteur !)
A partir de là c’est certain qu’on va se marrer comme des bossus avec ce bouquin. Et c’est le cas malgré quelques meurtres en circuit fermé…. tout au sabre.
La fine équipe se compose de Jérémie, Bérurier et du célébrissime commissaire San-Antonio…

Quelques phrases cul-tes..
Bérurier au sujet de son grand copain Jérémie Blanc qui malgré son nom est un black tout noir :
– Vous voudriez qu’j’vais vous dire, m’m’zelle Euréka ? Ce qui a d’con chez les nègres, c’est pas qu’y soyent noirs, c’est qu’y soyent légal’ement crépus du cerveau. On a beau les vacciner et y apprend’ à lire, y leur restera toujours des renvois d’missionnaires mal cuits !
Le même Béru…qui s’essuie le front, puis les lèvres d’un revers de manche. Un rot d’opéra, répercuté par l’acoustique de la cave le déleste d’un trop-plein de gaz…….Grandiose, non ! Un rot d’opéra t’as déjà lu ça quelque part toi. Un rot d’opéra ?
Toujours Bérurier…qui ronfle comme toutes les usines de la Ruhr en temps de guerre : Dans son sommeil, il a un peu moins l’air d’un homme et davantage celui d’un animal. Un tel abandon, un si complet avachissement, y a qu’un bœuf !
Qu’est-ce qui me pousse à l’arracher de son néant à réaction ? une impulse. Je lui tapote l’épaule. Il respire à reculons, comme un qui voudrait avaler sa cravate, s’étouffe, ouvre ses deux écrins pour nous livrer à nouveau l’éclat de ses rubis. Il est ton sur ton avec ces yeux rouge sur sa trogne écarlate…..
Et pour finir un dialogue dramatique entre le Big Boss de la rousse et l’inspecteur principal Alexandre-Benoît Bérurier sur un sujet qui a son odeur..
On écoute le dirlo, siphonnés par son langage. Il se plante devant Béru et lui présente son médius.
– Tirez-moi ce doigt, Gros !
Berlué complet, Alexandre-Benoît tire sur le finger. Achille balance alors un gros pet diplomatique, sec comme un coup de talon sur un parquet.
– Votre avis Béru ?
L’expert prend un air doctoral :
– Y a du sentiment, y a même de la force, m’sieur l’dirlo, ça, j’dis pas, moui : d’la force ; question des gaz vot’turbo vous chicane pas ; mais ce que j’reprocherais, c’est manque de moileux. Ça cogne trop sec, c’est pas v’louté, vous comprenez-t-il ? Un vrai beau pet, j’vais vous expliquer.
Il se soulève de son siège, se concentre, lève un doigt pour requérir l’attention générale et largue les amarres. Un vent venu d’ailleurs balaie le burlingue de Monlascart.
Bon j’arrête là, vu que vous allez tous vous ruer sur ce book !
Critique de P.A.Masson

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