Genre(s): Auteur(s): Epoque:
Edition: Fleuve Noir Dépot légal: novembre 1984 Imprimeur: S.E.P.C. (Saint-Amand-Montrond)
La note du collectionneur

Faut-il tuer les enfants qui ont les mains sur les hanches back324 pages de format 15,3X24
Prix : 90 F
Photo 1er plat : Jean-Claude Jouannet
Dédicace : Ce livre est dédié, avec une grande émotion, à tout le Département de Justice et police du canton de Genève et, en particulier, au chef de section Gustave Gremaud ainsi qu’à l’inspecteur Jean-Claude Vouillamoz qui nous ont apporté une présence fraternelle aux pires moments de note vie.
San-Antonio
San-Antonio, en tête de ce livre, se qualifie d’écrivain forain.
Au 4ème plat, on trouve quelques phrases de Renée Boviatsis qui consacra un livre à Frédéric Dard au 1er trimestre 1980 : L’humanisme de San-Antonio.
L’oeuvre de San-Antonio est sans conteste un monument de la littérature contemporaine.… Profitons de la verve tonifiante de San-Antonio, de ce grand petit garçon qui pour notre bonheur et notre honneur a su désavouer les pédants, les minus, les minables…

Charles Dejallieu est écrivain. Oh non pas de la grande littérature mais qui lui permet d’avoir un train de vie aisé, de nourrir sa famille et de placer de l’argent pour acheter la maison pour laquelle il aura le coup de foudre. Tout va donc pour le mieux pour lui… jusqu’au jour où…
… sa belle-fille, qu’il ne porte pas plus que ça dans son coeur, se fait kidnapper. Simplement, devant chez eux, pendant que sa grand-mère qui devait la raccompagner se trouve en galante compagnie ! Les ravisseurs demandent deux millions de francs suisses. En parallèle du récit du kidnapping et de la vie « intime » de l’écrivain nous avons ce qui lui passe par la tête à propos de son roman en cours intitulé « Faut-il tuer les petits garçons qui ont les mains sur les hanches ? ». Ce roman est l’histoire revue et corrigé d’un ami de la mère de Dejallieu, enfant handicapé du bras gauche et qui tente, tant mal que bien, de le cacher. Ce sont des instantanés de ce petit garçon qui viennent à leur bon gré squatter l’esprit de l’écrivain.
A prendre comme ça, une banale histoire de kidnapping et d’élaboration d’un roman … rien d’exaltant me direz-vous ! Et à première vue c’est ce que je me serais surement dis si la fille de Frédéric Dard n’avait pas été enlevée alors qu’il était à peine à la moitié de ce roman ! Quand la fiction rejoint la réalité… L’auteur, le vrai, romance sur un écrivain dont la belle-fille se fait enlever et au moment ou il écrit cela, sa propre enfant se retrouve entre les mains de bandits ? Pour un écrivain c’est a ce demander si tu n’as pas une part de voyance ou de divinité en toi ?! A noter aussi a propos du roman dans le roman ce sont toutes les similitudes entre le petit garçon et Frédéric Dard : ils sont tous deux nés et ont grandi à Lyon, il a le bras gauche handicapé tout comme le père de San-Antonio….Fiction ? Biographie ? Un mélange des deux ? Ce n’est pas facile de démêler le faux du vrai dans ce roman qui malgré les apparences devient palpitant. Bien sûr on y retrouve la verve de Frédéric Dard, il flirt avec les mots, les faits valser sur le papier comme à Vienne, il y a aussi quelques scènes scabreuses ou il appelle une chatte une chatte et pas autrement, mais c’est bien pour tout cela que l’on aime Frédéric Dard.Je ne déplore qu’une petite chose c’est qu’il soit signé San-Antonio ! Je ne suis pas d’accord avec ce choix commercial. Le beau commissaire San-Antonio, celui qui remplace le beurre et les maris absents, n’a rien à voir ici, il ne fait même pas la plus pauvre apparition. C’est bien un roman de Frédéric Dard, pas une aventure de San-Antonio.
Critique écrite par Arsenik_ le 15/11/2005

Je suis tombé dans San Antonio à la fin de l’adolescence. À l’époque, le genre d’ouvrage qu’on lisait presque en cachette, avec le goût de l’interdit, pour les descriptions scabreuses, les filles faciles… Mais Frédéric Dard était un grand monsieur, avec des idées cachées derrière son style, dont j’ai acheté systématiquement tous les titres, au fil des années, jusqu’à son décès… J’ai trouvé celui-ci dans une bouquinerie, vers 1990, à un moment où mes enfants étaient bien jeunes, et il possède pour cela une saveur très particulière.
Comme dans d’autres hors-séries, Frédéric Dard y délaisse son univers favori pour de nouveaux héros. À l’époque, il habite en Suisse avec son épouse et sa fille, et met ici en scène, de manière très personnelle, un écrivain désabusé, qui vit en Suisse avec sa femme et sa fille. Ce double de papier entame un ouvrage où il veut évoquer un petit garçon qui ressemble comme deux gouttes d’eau à F. Dard jeune, parsemant encore le texte de détails autobiographiques…
L’intrigue du roman dans le roman est l’enlèvement de la fille de l’auteur. Et là, coup de théâtre, pendant la rédaction, on enlève réellement la fille de F. Dard. Les deux affaires vont donc s’entremêler, et se termineront de manière heureuse, mais ce livre contient une réflexion profonde sur la vie, l’amour, les êtres chers… et un regard désabusé sur l’innocence enfantine, d’où ce titre peu commun. Pour les amateurs, Frédéric Dard se dévoile, et chacun se reconnaîtra dans sa franchise.
Critique de Christian Michel, juin 2012

Attention, chef d’oeuvre!
La « vraie vie » s’invite dans l’oeuvre du tourmenté F Dard, le rapt de sa fille se confond avec celui de l’héroïne dont il était en train d’écrire l’histoire.
Ce qui est par dessus tout indispensable chez San-Antonio, c’est la capacité en quelques phrases, à nous retourner, à nous mettre le coeur au bord du gouffre.
Avec Simenon, l’Auteur de la deuxième moitié du 20ème siècle, pas moins!
Critique par Ponna, le 22 avril 2012

Vous aimerez peut-être