Histoires à mourir debout

Genre(s) :

Epoque(s) :

Edition : Télévision Suisse-Romande

Dépot légal : 1985

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Court métrage de Claude Delieutraz réalisé en 1984 et diffusé sur la télévision suisse romande le 28 août 1985 à 15h15.
Ce téléfilm s’inspire de l’ouvrage Histoires déconcertantes de Frédéric Dard.
Durée : 85 min
Scénario et dialogues: Frédéric Dard
Adaptation et réalisation : Claude Delieutraz
Décors : Paul Waelti
Production : Raymond Vouillamoz

Le lieu central du film est le salon d’un grand palace dans lequel se trouve Frédéric Dard qui observe les gens et monologue sur les pouvoirs du romancier.Il imagine des histoires dont ils seront les personnages. Ainsi, cinq acteurs – (Gérard Barray, Eléonore Hirt, Magali Noël, Séverine Bujard et Georges Wod – vont vivre des aventures dans des décors dessinés par quatre artistes.

Cinq histoires tirées de l’ouvrage Histoires déconcertantes vont se succéder dans cette réalisation :
– « Un pas dans le vide » dans des dessins de Thierry Leclerc
– « Les méfaits de l’âge » dans des dessins de Martial Leiter
– « Le grand amour » dans des dessins de Hans-Ruedi Gyger
– « L’homme témoin » et « Le poète récompensé » dans des dessins d’André Marconi.

Le film se termine sur une pensée de Frédéric Dard qui défile sur l’écran:
« Le surréalisme c’est la vie contemplée dans un miroir brisé. Chacun des morceaux la reflète fidèlement, mais l’ensemble la déforme. »

Voici l’intrigue de la 2ème histoire du film tirée de la nouvelle « Les méfaits de l’âge » :
ACTEURS
Frédéric DARD : L’auteur
Gérard BARRAY : Don Giovanni
Séverine BUJARD : la femme de sa vie…
Eléonore HIRT : sa tante

Nous sommes dans le bar d’un grand hôtel. Un homme est en train de penser tout haut. C’est un écrivain joué par Frédéric Dard. Il a repéré, accoudé au bar, une homme seul (Gérard Barray), qui boit et qui fume. Certainement un habitué. Plutôt séduisant, l’homme paraît désabusé …
Ses poumons et son foie doivent être en piteux état ! C’est sûr !
L’auteur s’approche et échange quelques propos avec cet homme qu’il appelle déjà “Don Giovanni” dans son imagination ; il va en faire le personnage central d’une de ses histoires en lui faisant perdre un peu de sa superbe.
D’abord, ce Don Juan va être rongé de l’intérieur par “la bête” . Il va se faire teindre en blond, traîner son ennui dans les soirées, ne plus avoir envie de rien, au point de ne plus se lever et de ne plus se nourrir.
Son coiffeur le teint en brun en lui assurant qu’il va rajeunir de 10 ans ! Et finalement, ce sera même de 15 ans … Notre séducteur se sent rajeunir, reprend goût à la vie et, le plus beau, n’a plus de tâche au poumon ! Mieux ! Il semblerait qu’il n’en ait jamais eue…
L’auteur décide de lui mettre une jolie femme dans ses bras. Il lui choisit une belle brune frisée pour une aventure, mais lui réserve la femme de sa vie, pour après, pour le grand amour ! (Séverine Bujard).
Don Giovanni est en pleine forme, monte à cheval, est amoureux et emmène sa bien-aimée à Damas …
Pourquoi pas Damas ?
Là-bas, malheureusement, il envoie au tapis un homme qui se montrait indélicat envers sa compagne. Manque de chance, c’est un policier… ! Le voilà condamné à 6 mois de prison …
Derrière les barreaux, il rechute, la « vilaine bête » revient …ses cheveux blanchissent…
Il est vieux ! Rapatrié dans son pays, il supplie qu’on lui teigne les cheveux !
« Quand tu iras mieux, promis ! » lui répond sa tante (Eléonore Hirt) …
C’est le serpent qui se mord la queue …
Pour aller mieux, il faut qu’il se fasse teindre les cheveux…
Une histoire à dormir debout n’est-ce pas ?

Commentaires
Ce petit conte à l’humour décalé, reprend un peu le thème de Faust en jouant sur l’éternel problème de l’âge mûr qui voudrait retrouver sa jeunesse.
Ce qui rend l’intrigue attrayante, c’est qu’elle nous est racontée comme une histoire où les personnages réels évoluent dans des décors dessinés…
Un court métrage surprenant et réussi où l’on a plaisir à retrouver deux grands amis dans la vie, Frédéric Dard et son regard si bleu, et Gérard Barray qui semble s’être prêté avec beaucoup de plaisir à cette fantaisie tragi-comique, aux accents doux-amers.
Gérard Barray: « La technique de tournage était très particulière: nous tournions dans des décors pratiquement vides, peints en bleu. On passait le résultat dans ce qui s´appelle, si je me souviens bien une « blue box » et on rajoutait les décors dessinés. Il était, je pense très compliqué de faire coïncider tous les éléments… »

Curiosité : 1/ le titre de ce court métrage avait déjà été utilisé par Frédéric Dard dans l’éditorial de L’Echo de Savoie n°11 du 5 avril 1948
2/ Un livre de Marcel Schneider intitulé aussi Histoires à mourir debout est paru le 3 avril 1985, quelques mois avant la diffusion du court métrage de Claude Delieutraz.

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