Le bouillon d’onze heures

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Epoque(s) :

Edition : La Pensée Moderne

Dépot légal : 1952

Imprimeur : Imprimerie Normande du Progrès, Dives-sur-Mer

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Le bouillon d'onze heures backC’est le n° 3 des Confessions de l’Ange Noir.
Il y aura en tout 4 volumes, tous publiés aux éditions de la Pensée Moderne, malgré le fait que ce n’était pas du tout dans le style de cette maison d’édition qui n’en produisit plus jamais après.
Dessinateur 1er plat : Jef de Wulf

Dédicace : A Charles MOULIN, l’acteur le plus costaud « in the world », qui m’a donné envie de connaitre la Provence.
L’ANGE NOIR

L’Ange Noir, vous connaissez ? La seule évocation de son nom déclenche de monstrueuses crises d’urticaire chez tous les flics des U.S.A., qui n’aspirent qu’à l’agrafer. Il juge donc opportun de prendre le large et de faire un tour en Europe, en commençant par Londres.
Dès son arrivée, les coups tordus, c’est encore pour lui, et les bastos sifflent urbi et orbi. Mais pour quelle raison se laisse-t-il enfermer volontairement dans un asile psychiatrique ?…
Si vous avez les portugaises fragiles, munissez-vous de boules Quiès, sinon vous risquez fort de rester sourdingues à tout jamais…

En juillet 2020, Yvon Bouëtté a publié une chronique de cet épisode dont le texte est repris ci-dessous :
Note : 4, 5 / 5.
Retour en Europe.
Comme à l’accoutumée, la page de garde nous indique que ce troisième volume de la série devait se nommer « Java au cimetière » pour finalement avoir pour titre « Le bouillon de onze heures ».
Le fond de l’air devenant un tant soit peu irrespirable pour lui, l’Ange Noir décide de tenter sa chance dans la vieille Europe.
Il arrive à Londres et est témoin de la chute d’un homme ayant loupé l’ascenseur !
Puis l’Ange Noir, sur le balcon de son hôtel, assiste à une scène curieuse, un homme fait un paquet avec des liasses impressionnantes de billets de banque, pour se les expédier à lui-même, à son adresse personnelle. Pourquoi être à l’hôtel alors que votre appartement est à 300 mètres ? Pénétrant dans l’appartement, l’Ange Noir y trouve une charmante dame qui sait user de ses charmes, mais elle a d’autres talents cachés, par exemple provoquer la chute d’un homme, son amant dans la cage de l’ascenseur ! L’Ange Noir fait le ménage, prend l’oseille et laisse quelques cadavres derrière lui.
Mais les agents de Scotland Yard ne sont pas des manchots et l’Ange Noir qui dit s’appeler Steve Martin est arrêté mais s’évade.
Il ne connaît pas Londres, alors en avant toute ! Il a une adresse, un dénommé Seruti, qui accepte de l’héberger et de faciliter son passage pour La France.
Mais la police est sur sa trace, il échappe de peu à une seconde arrestation, aidé en cela par Lilian, une danseuse du cabaret.
Seruti lui propose une affaire, rechercher trente millions de livres de pièces anciennes, disparues depuis le meurtre d’un homme par son beau-frère un peu dérangé… Sur les lieux du crime, le cadavre et un coffre-fort ouvert, mais vide !
L’Ange Noir n’est pas au bout de ses peines, il doit faire un séjour en asile psychiatrique pour délivrer Anthony Roméo, l’assassin qui sait peut-être quelque chose sur la cachette des pièces. Il est question d’une jeune allemande qui câlinait beaucoup Anthony… une complice des voleurs ?
Mais dans ce panier de crabes, tout le monde veut berner tout le monde, alors l’Ange Noir devient un ange exterminateur, les cadavres tombent comme à Gravelotte…
Londres dans ce roman, c’est un peu la tour de Babel, seuls les policiers sont anglais ! Un assassin grec, une aventurière allemande, un truand italien, une vieille anglaise aussi, pour compléter la rubrique nécrologique.
L’histoire est bien foutue, agréable à suivre, pas mal d’humour et des cadavres à la pelle… L’Europe te souhaite la bienvenue, l’Ange Noir !
Extraits :
– Maintenant, le moment est peut-être venu d’allumer votre réverbère.
– Elle est brune, roulée comme une cigarette de luxe, et hélas le moins possible l’air anglais. Entendez par là que sa mâchoire inférieure ne précède pas l’autre de cinquante centimètres.
– Il vient de jeter quelqu’un dans la cage de l’ascenseur ! Il veut me violer !
– Décidément les manières de ces matuches anglais commencent à me délecter sérieusement. Je n’aime pas du tous ces flics qui jouent au chat et à la souris.
– Laisser choir le conditionnel. Oui, je suis l’Ange Noir.
– Ce qui a donné de la publicité à cette affaire, ce sont les trente millions de livres qui ont disparu par la même occasion.
– Roméo-fondu est entré dans le bureau de Roméo-business. Il a ouvert le coffre, pris les collections et les a mis dans un sac de linge sale.
– Non, je te jure, y a des moments où je suis dévasté du belvédère !
– Ça me fait intérieurement gondoler d’entendre prononcer ce qualificatif à mon sujet. Un doux ! Un doux, l’Ange Noir… On les verra toutes !
– Je pense que ce nouveau meurtre n’est pas inutile.
A retrouver avec d’autres chroniques sur : http://eireann561.canalblog.com/

Igor B. Maslowski a rédigé une critique de ce roman dans Mystère Magazine n°67 d’août 1953.

Curiosités: 1: Le propriétaire des Editions de la Pensée Moderne n’était autre que Jacques Grancher, fils du célèbre Marcel-E. Grancher qui avait été l’artisan du démarrage de Frédéric Dard en tant qu’écrivain.
Cette maison d’édition a publié peu après au moins 3 livres de Frédéric Dard sous divers pseudonymes reconnus : Plaisirs de soldats en 1953, Guerriers en jupon en 1954 et Sergent Barbara en 1955.
2/ Le titre Le bouillon d’onze heures fait référence à un titre de Max-André Dazergues, Le cocktail de minuit, paru chez Ferenczi en 1929.
3/ Le bouillon d’onze heures: Cette expression du XVIIe siècle est née des expressions « donner le bouillon » (empoisonner) et « voir sa dernière heure arriver », onze heures étant la dernière heure du jour. On cherche à faire vivre la dernière heure à son ennemi.

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