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Edition: Fleuve Noir Dépot légal: 4ème trimestre 1962 Imprimeur: Imprimerie Foucault
La note du collectionneur

Fleuve noir Spécial Police n°317Le loup habillé en grand-mère back
Prix : NF 2,40
Dessinateur 1er plat : Michel Gourdon

On ne peut jamais prévoir la réaction des gens ! Je vous prends à témoin, mes amis: si vous receviez par la poste 20 000 000 AF signés anonyme, quelle serait votre réaction ?
J’en connais qui les convertiraient aussitôt en bons du Trésor…, d’autres qui s’offriraient illico une douzaine de danseuses…, D’autres encore qui se feraient construire un coquet pavillon à Créteil…
Eh bien, le bonhomme qui vient d’entrer dans mon burlingue est d’un genre différent, lui : il veut porter plainte !
Comme dit Bérurier :  » Une telle honnêteté, c’est pas honnête ! »

Vingt millions d’anciens francs !!! Ca vous ferait plaisir ? On vous offre vingt millions d’AF !!! Comment ? Vous ne voyez pas bien ce que cela représente … Environ 30 500€. Ca met du beurre dans les épinards ! On me les offre je crache pas dessus … Et pourtant … pourtant …
Le pauvre Fouassa, hôtelier en retraite à cause d’une santé fragile, a reçu cette somme par la Poste, un colis anonyme. Et lui ce qu’il trouve de mieux a faire c’est tout d’abord d’engager Pinaud (enquêteur privé à cette époque) puis d’aller porter plainte à la police. Comme le dit si bien Bérurier, trop d’honnêteté c’est louche !
Quand San-A rend visite à Fouassa pour en savoir un peu plus sur cet argent tombé du ciel, le pauvre est alité, une vilaine crise d’asthme, c’est sa « gouvernante de maison » qui délourde et va annoncer la visite de la police au souffrant. Quelques instants après elle gît dans la cour, égorgée avec quelques billets de cent balles volant au vent. Un meurtre sous le nez du commissaire qui remplace le beurre et les maris absents c’en est trop, Achille donne le feu vert à Antonio pour mener l’enquête ! Accompagné d’un Bérurier au régime sec et d’un Pinaud qui ne souhaite qu’une chose : réintégrer la poule, le trio va comprendre grâce à une cigarette encore fumante qui est derrière cette affaire. Derrière ces vingt patates il y a bien un loup déguisé en grand-mère mais derrière celui-ci ils vont avoir à faire à une meute de loups affamés.
Une aiguille dans une botte de foin serait plus simple à retrouver (suffit de mettre le feu au foin d’attendre qu’il brûle et de passer un aimant dans les cendres :-D) ! Mais grâce au flair du plus beau commissaire, à la logique implacable d’un Bérurier au meilleur de sa forme (malgré les dires de son médecin) et d’un Pinaud d’une aide douteuse mais néanmoins nécessaire c’est de nombreuses vies qui vont être sauvées par la disparition d’ignobles trafiquants.
Frédéric Dard nous offre un petit bijou d’un français qu’il chahute, qu’il pétrit, qu’il caresse à l’envers du sens du poil. Ses jeux de mots, ses énumérations sans fin mais ayant une fin, son savoir conter avec l’argot de notre si belle langue semblent toujours inédits malgré les deux cents aventures du commissaire. A lire et à relire, pour rien, pour le plaisir des mots.
Critique écrite par Arsenik le 27/10/2005

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