Genre(s): Auteur(s): , Epoque:
Edition: Fleuve Noir Dépot légal: mai 1993 Imprimeur: Imprimerie Bussière, Saint Amand
La note du collectionneur

Collection SA n°155La matrone des sleepinges back
Dessinateur 1er plat : A. Siauve

Citations :
Non ! Alain Peyrefitte n’aime pas les antilopes.

Les morts vieillissent mal.

Il est con et ne s’en cache pas.
San-Antonio

Quand un obèse pleure, on croit
qu’il transpire.
Patrice Dard

Dédicace : A Alain Laville,
mon ami.
San-A.

T’as déjà pris l’Orient-Express, toi ? Jamais ? Alors t’as tout raté !
Tu sais qu’il s’en passe des choses dans ce train de rêve ? Et pas seulement celles que tu crois. Des choses que t’ en reviendras pas. Je connais des tas de mecs qui n’en sont pas revenus. Qui n’en reviendront jamais !
Cela dit, la baronne Van Trickhül ne le prend pas à chacun de ses trajets. En voilà une, je te la recommande ! La Matrone des Sleepinges, je l’appelle.
Au retour, j’ai essayé de compter les macchabées jalonnant sa route ; comme j’avais pas de calculette, j’y ai renoncé. Mais lorsque t’auras terminé la lecture de cette épopée ferroviaire, tu pourras t’y coller, si ça t’amuse.
Si on te filait dix balles par tête de pipe, t’aurais de quoi prendre l’Orient-Express à ton tour. Auquel cas tu devrais faire poinçonner ton bifton plutôt que ta tronche !

Une épopée ferroviaire San-Antonionesque
J’adore le style d’écriture de Frédéric Dard (et également celui de son fils, Patrice). Peut-être même plus que les aventures de San-Antonio elles-mêmes. Le vocabulaire argotique, les jeux de mots, les digressions irrévérencieuses de l’auteur m’enchantent au plus au point.
Justement, ce roman est particulièrement gratiné. L’auteur est ici au top de sa forme. Il interpelle fréquemment le lecteur sur tout et n’importe quoi, par exemple sur l’existence de Dieu (sa version est très personnelle…) ou sur la frigidité de certaines femmes en les comparant à… Ces confidences à tendance philosophique sont à mourir de rire et non dénuées d’un fond de vérité. Comme toujours, on retrouve le langage basé sur les calembours et les inventions orthographiques osés des principaux protagonistes (« les bandes des six nez », « l’con, la broute et l’trou rond », « les œufs bredouillés au balcon », « en l’eau cul rance », « deux coups de cul hier à Pau », « la raie au porc », « ça paraîtrait suce-pet », « Je panse, donc j’essuie comme disait un palefrenier que j’ai beaucoup aimé », « sans la moindre difficultance » etc.). Il y en a comme ça à toutes les pages. Que du bonheur ! Sans parler des quelques notes de bas de page du genre : « Les chleuhs décaféinés : c’est ainsi que j’ai baptisé les Autrichiens, gens qui parlent l’allemand en étant plus « gentils » que les Allemands, mais qui nous ont tout de même pondu Hitler… ».
San-Antonio et Bérurier se trouvent embarqués dans un voyage mouvementé à bord de l’Orient-Express. Leur mission ? : protéger une baronne menacée de mort. Bérurier quitte précocement la scène. Mais San-Antonio trouve un nouveau coéquipier en la personne de Jérémie Blanc (qui est noir). Les petites passes d’armes entre les deux policiers valent leur pesant de cacahuètes. D’autant que Jérémie regrette d’avoir défoncé le crâne d’un méchant avec une pioche. Depuis, il désapprouve ouvertement les méthodes de San-Antonio. Les réflexions grivoises et les passages sexuels gentiment vulgaires dans le pur style de l’auteur agrémentent l’aventure à travers l’Autriche, la Hongrie, la Slovaquie et la Roumanie. Ainsi, sur le Danube, un capitaine de bateau prend la relève d’un coït en cours entre notre directeur de la police française et sa dernière conquête ! Ou encore, Bérurier en pleine action à la faveur des secousses du train, envoie malencontreusement sa semence en direction d’un homme d’église ! Sous la plume de Frédéric Dard, le scabreux et le gênant deviennent comiques. Sur le sol hongrois ça défouraille et canarde à tout-va. Les cadavres s’amoncellent dans la bonne humeur. Le mystère s’épaissit. Au final, pour un coup de théâtre, c’est un coup de théâtre ! L’un des plus beaux de la carrière de San-Antonio. Surprise garantie, même pour les habitués !
Bref, il s’agit là d’un San-Antonio du meilleur cru.
Critique écrite par Kalie, le 1 décembre 2013

Ah l’Orient Express ! Quel train prestigieux Qui n’a pas rêvé un jour de faire le voyage dans le luxe de ce train merveilleux ? Aller de Paris à Constantinople en passant par les plus belles villes de l’Europe de l’Est et y faire escale. Ce train fait rêver tout un chacun et donc nos auteurs de polars s’y sont laissés embarquer. Il a bien sur inspiré la grande Agatha Christie qui y a fait voyager Hercule Poirot pour un huis clos envoûtant mais dans un autre registre nous avons aussi San-Antonio qui voyagea dans ce train en compagnie de l’aristocratique famille Bérurier !
Qui aurait pu croire que Berthe Bérurier pourrait apparaître dans l’Orient Express avec les allures d’une dame du monde ? Et qu’elle passerait à coté de nos deux compères en les ignorant royalement ? N’allez pas croire qu’elle a pris la grosse tête ou bien qu’elle se soit dénichée un amant fortuné ! Elle est en mission spéciale pour la police Elle est là en tant que doublure de la baronne Van Trickhül qui elle-même a pris la place de Berthe dans un établissement de repos. En effet la baronne Van Trickhül est menacée de mort et San-Antonio doit découvrir le futur meurtrier ainsi que son (ou ses) commanditaire(s). La ressemblance physique entre les deux femmes étant flagrante, San-Antonio a demandé à Berthe de bien vouloir donner de son corps aux polices française et belge.Le voyage ne va pas être de tout repos car peu de temps après le départ du train la fausse Baronne va disparaître, Béru va sans crier gare partir a sa recherche, se voyant déjà veuf et San-Antonio partir à la recherche d’ABB ! Une course poursuite à travers l’Europe de l’Est et des macchabées à ne plus savoir qu’en faire
Y a pas à dire ! Même si le schéma du polar reste toujours le même, San-Antonio fait toujours du neuf et ses personnages truculents sont toujours pleins de ressources et d’imagination. Un plaisir dont je ne me lasserais jamais.
Critique écrite par Arsenik le 30/05/2006

Curiosité : Ce livre contient, en son milieu, une page en couleurs glacée avec à son dos un bon de commande à envoyer à Happy Valley pour des objets San-Antonio : Montres, Porte-Clés et Pin’s.

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