Genre(s): Auteur(s): , Epoque:
Edition: Jacquier Dépot légal: 3ème trimestre 1949 Imprimeur: Presses du Puits-Pelu C.Jacquier & Cie, Lyon
La note du collectionneur

Premier roman de Frédéric Dard avec le personnage de San Antonio.Réglez lui son compte back
Ce roman, sous-titré « Les révélations de San-Antonio », contient en fait 2 épisodes:
– Réglez-lui son compte
– Une tonne de cadavres
La page de titre intérieure précise que ces révélations ont été adaptées et post-synchronisées par Frédéric Dard.

 

 

 

 

 

 

Le premier rabat de la jaquette sème le doute: l’éditeur croit pouvoir préciser que l’auteur des révélations est étranger… …Américain sans doute.
L’adaptateur(donc Frédéric Dard) s’est attelé à la tâche, non seulement de traduire et d’adapter, mais aussi de transposer. C’est ainsi que son héros a été francisé, de même que le décor dans lequel il évolue et la plupart des gens qu’il fréquente.
Le second rabat de la jaquette annonce les prochains épisodes à paraître:
– Le Nègre dans la Baignoire
Du plomb dans les tripes
Le boulevard des Allongés.
Si les deux derniers verront bien le jour (le 3ème cependant dans la série l’Ange Noir et pas San Antonio), le premier ne sera jamais publié.
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« Longtemps, je me suis couché de bonne heure ». À la lecture de cette phrase, tout le monde reconnaît les premiers mots d’une œuvre majeure, vouée à rester dans l’Histoire. Il est une autre phrase que les lecteurs de polars doivent reconnaître d’emblée, dès les premières sonorités. « Si un jour votre grand-mère vous demande le nom du type le plus malin de la Terre, dites-lui sans hésiter une paire de minutes que le gars en question s’appelle San Antonio ». Ces quelques mots amorçaient, en 1949, l’une des plus grandes sagas de romans policiers du vingtième siècle.
Réglez-lui son compte ! est en effet le tout premier San-Antonio. Pourquoi parler ici d’un roman datant de plus de soixante ans ? Parce qu’en art, comme dans tout autre domaine de la création, seule l’Histoire nous dit ce qu’il faut retenir. Et, détracteurs ou inconditionnels de l’œuvre de Frédéric Dard, il nous est forcé d’admettre que l’Histoire a accueilli cet auteur en son sein.
Construit en deux parties, chacune relatant une histoire différente, c’est dans ce livre que le fameux commissaire nous fait vivre ses premières aventures, à une époque où, déjà, l’auteur s’apprêtait à se confondre avec son héros mais signait encore Frédéric Dard pour « l’adaptation » écrite. La première histoire se déroule à Marseille. Un cadavre, découvert sur un chantier, datant de huit mois. La sûreté marseillaise fait appel à Paris et San-Antonio apparaît. Tout ce qui fera la touche des aventures à venir est déjà là. Ça tue à tour de bras, les filles sont jolies, ne résistent pas au charme dévastateur de ce flic d’élite, lequel échappe à la mort à plusieurs reprises et démantèle le réseau.
La seconde histoire, justement intitulée « Une Tonne de cadavres », plaira peut-être davantage aux lecteurs de polars. Plus réussie, plus dense, elle reprend les ingrédients du genre. Elle se passe en Italie et on découvre avec nostalgie que la ville de Turin était proprette, sillonnée de tramways.
Alors, Réglez-lui son compte !, une œuvre majeure ? Non. Et oui.
Non, car les lecteurs faméliques de ce genre de littérature ne refermeront pas ce livre avec ce sentiment tenace d’avoir vécu, en compagnie du héros, une aventure dont ils mettront du temps à se remettre. Les intrigues n’y sont pas complexes et, avec les plumes qui se sont emparées du polar depuis soixante ans, on y découvrira des facilités qui, sauf volontaires et en décalage assumé, ne trouveraient pas leur place dans les écrits modernes sans être montrées du doigt.
Mais oui, c’est une œuvre majeure. Car tout le génie de Frédéric Dard y est, en gestation, en devenir, en filigrane, offert à qui sait le débusquer. Les apostrophes au lecteur, figures de style que seuls les genres « majeurs » s’autorisaient alors, apparaissent. Mais, commencement oblige, Dard y vouvoie encore son lecteur. Les dialogues sont corrosifs, n’ont qu’à peine vieilli. Les paraboles sont nombreuses, drôles, ciselées. Si vous voulez savoir ce qui peut être aussi plat qu’un cul de couturière, ruez-vous sur ce texte. On y trouve la force encore somnolente de l’écriture de Frédéric Dard qui, au fil des ans et pantalon levé, décidera de faire à la langue française et au genre policier les plus beaux enfants du siècle. Et, pour l’anecdote, San Antonio ne se pare pas encore de son trait d’union qui, plus tard, sera l’incontournable détail qui scellera son orthographe définitive.
Réglez-lui son compte ! est à lire comme un texte initiatique. Comme le dit Luc Ferry lorsqu’il tente de nous éveiller aux grands noms de la philosophie, nous trouvons dans ce livre « les clefs du château ». Comme un aigle, qu’on entend avant de le voir, on a souvent entendu parler de San-Antonio avant de le lire. Ce roman est la première pierre de l’édifice, qu’un lecteur n’ayant jamais lu Dard pourra aborder sans ces a priori véhiculés soit par les inconditionnels, soit par les féroces détracteurs. Pas de Bérurier qui, par son cabotinage attendrissant, méritera plus tard des opus lui étant dévoués. Pas d’Achille, pas de Pinaud, pas de M. Félix, pas de Blanc, encore moins de Salami à qui, dans les derniers romans de l’auteur, San-Antonio fera la conversation. Et Félicie, la mère du commissaire, qui deviendra par la suite un symbole fort dans l’œuvre, cristallisant les touchantes méditations de l’auteur sur la vie et le temps qui passe, y est encore discrète. Ce que nous livre Frédéric Dard dans ce roman, involontairement car il n’en avait peut-être pas encore conscience, c’est le matériau brut d’une plume qui, s’aiguisant sur les pages au fil des ans, deviendra celle de l’un des plus grands auteurs du vingtième siècle.
Chronique écrite par Samuel Sutra, auteur de « La femme à la mort », « Le pire du milieu » et « Les particules et les menteurs ».

Premier San-Antonio !!!
Bien que paru officiellement en 1981 sous le N° 107, « Réglez-Lui Son Compte » est le premier roman de la fameuse série des San-Antonio. En effet, ce roman en deux segments (j’y reviendrai) a été écrit en 1949 par Frédéric Dard. Publié dans un premier temps, en 1949, par un éditeur local de la région lyonnaise, en très peu d’exemplaires (même pas 1000), il est tombé dans l’oubli jusqu’en 1981, où l’éditeur de la série, Fleuve Noir, se décide enfin à le remettre en circuit. Il est, depuis, dans la nouvelle collection rééditée et proposant les romans en parution par ordre d’écriture, au rang de N°1.
Que dire au sujet de ce premier roman ? Il propose deux aventures indépendantes, pour 250 pages (en édition d’époque) en tout. La première aventure porte le nom du roman, et est la plus longue, 140 pages. Chapitres très courts (deux pages 1/2 chacun environ), humour très présent, argot… malgré cela, cette petite aventure est relativement décevante : trop de raccourcis, de facilités, d’évidences, ce n’est pas assez fouillé, ça fait vraiment ‘polar écrit par un collégien pensant bien faire’. De bons moments, mais dans l’ensemble, trop simpliste. Première apparition de Félicie, la mère du héros, mais une apparition sobre, minime, muette.
La seconde histoire, plus courte, s’appelle « Une Tonne De Cadavres » est largement plus réussie et tenue (chapitres beaucoup plus longs – disons, de taille normale), malgré sa petite taille, une centaine de pages. Une histoire plus réussie et intéressante, malgré, là aussi, des facilités. Vous me direz, la série des San-Antonio ne brille pas forcément par des intrigues complexes. Mais ici, c’est vraiment simpliste.
En résumé, deux histoires mineures, mais ce premier roman reste à lire si on est fan de la série, ne serait-ce que pour son côté historique. En revanche, pas de Bérurier, de Pinaud, de Vieux (Achille, le dirlo), de Berthe, bref, pas d’autres personnages de la série à part le brave commissaire. C’est un peu vide, sans les fameux personnages secondaires. C’est un début, donc, simpliste et un peu décevant, mais il fallait s’y attendre !
Critique écrite par Bookivore, le 16 septembre 2009

Igor B. Maslowski écrivit dans Mystère Magazine n°22 de novembre 1949 une critique très positive de ce(s) roman(s).

Ce roman a d’abord été réédité sous la forme de 2 livres aux Editions Jacquier, collection La Loupe Policière avec les titres suivants:
Réglez-lui son compte, dépot légal 2ème trimestre 1952
Une tonne de cadavres, dépot légal 2ème trimestre 1952
l’auteur s’appelant Kill Him.

front opti reglez lui son compte

front opti une tonne de cadavres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce roman a ensuite été réédité dans la Collection S.A. avec le n°107 (n°1 par chronologie)
DL : 3éme trimestre 1981
Editeur : Fleuve Noir
Imprimeur : Imprimerie Bussière, Saint-Amand
Illustrateur 1er plat : Photo LOOK- P. Magaud

ATTENTION
Pour les amateurs de San-Antonio, ce livre constitue un événement. En effet, il s’agit du PREMIER SAN-ANTONIO publié par un petit éditeur lyonnais en 1949. C’est par ces pages qu’a commencé la plus étonnante épopée littéraire de l’après-guerre. Voici donc les premiers pas de ce héros, dont un psychiatre a dit récemment qu’il était « La Santé de la France ».

Si, en ouvrant cet ouvrage, le lecteur pense lutter contre l’insomnie, il en sera pour ses frais et n’aura qu’à s’entendre avec son pharmacien habituel pour l’échanger contre un tube de Gardénal.Car ce livre est un ring, une arène, on s’y bat d’un bout à l’autre.
La série d’ouvrages que publiera San-Antonio appartient à la littérature d’action. Celle mise à la mode par Peter Cheney, JH Chase, James Cain, etc… Ici l’énigme le cède à la violence. Ce livre doit se lire avec un revolver à la portée de la main. Il est écrit dans une langue savoureuse et pleine de fantaisie faubourienne, mais nul doute que le héros de ce roman ne soit sympathique à tous. Gouailleur, âpre, rusé, amer, tendre, violent, San Antonio écrit davantage avec ses poings qu’avec sa plume.

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Cet ouvrage a encore été réédité en 1992 en tant que fac-similé de l’édition originale de Jacquier du 3ème trimestre 1949.
Editions Fleuve Noir
Dépot Légal : mai 1992
Imprimeur : Offset Brétolienne, Breteuil-sur-Iton
Son tirage a été limité strictement à 1500 exemplaires numérotés.

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Un jeu-concours  » Mesurez votre San-Antonerie » organisé en 1992 permettait de gagner 1000 exemplaires de ce fac-similé.

jeu concours San-Antonio 1992

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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