Genre(s): Auteur(s): , Epoque:
Edition: Fleuve Noir Dépot légal: 3ème trimestre 1972 Imprimeur: Imprimerie Bussière, Saint Amand
La note du collectionneur

Fleuve noir Spécial Police n°980T'es beau, tu sais! back
Dessinateur 1er plat : Carlo Bren

– Monsieur, j’lui dis comme ça, il va falloir que je vous tue toutes affaires cessantes, mes supérieurs m’en ont donné l’ordre !
– Essayez toujours, me répond le tueur à gages en levant son verre à ma santé.
Et il fait bien, vu qu’elle va être mise à rude épreuve, ma petite santé. Ah ! les souris, je vous jure… Plus je les pratique, plus je me rends compte que c’est du sable. Du sable émouvant, j’admets, mais terriblement mouvant ! Pour escalader les jolies dunes, vaut mieux ramper ! Dans cette position, on prend moins de risques, et puis quoi : c’est tellement plus agréable. Si je ne suis pas de retour à la fin de ce livre, ne vous caillez pas la laitance. Entrez et faites-vous des frites en m’attendant : la clé est sous le paillasson !

Olé !
« Vous êtes le commissaire San-Antonio et vous êtes venu m’assassiner ici ? Enchanté de faire votre connaissance, et bonne chance à vous ».
Entouré de sa brave mère Félicie, des affreux Alexandre-Benoit et Berthe Bérurier, et de Marie-Marie, San-A passe des vacances à première vue plutôt calmes au bord de la piscine d’un hôtel grand luxe des îles Canaries.
Pourquoi à première vue me rétorquerez-vous ?
Tout simplement parce que le Vieux, le Tondu, l’a chargé d’éliminer le plus grand (par le talent) tueur à gage en activité. Mission hautement difficile, rendue encore plus compliquée dès la vingtaine de pages passée, lorsque l’assassin lui-même découvre le pourquoi de la présence de ces français hauts en couleur au sein de l’archipel noyé en plein Franquisme.
Bref, on n’est pas sorti du sable.
Je vous passe le reste, la CIA, un juge gâteux, une famille espagnole aux mœurs bien olé-olé (c’est de circonstance), et des clowns musiciens (si si), pour préciser qu’il s’agit d’un assez bon San-A pour l’époque (pas la meilleure).
Alors certes, on demeure loin des extraordinaires années 60s, qui virent la publication des meilleurs aventures du commissaire, mais ce « T’es beau, tu sais ! » fait malgré tout figure de perle en comparaison des médiocres épisodes jalonnant la fin de carrière de Dard (troussée – bagarre Béru / Blanc – Troussée -etc…).
J’ajoute que je ne suis globalement pas fan des pérégrinations exotiques du commissaire, mais qu’il s’agit là d’un avis tout personnel. Certains opus, salués par les aficionados (« Le cri du morpion », « Tango chinetoque », etc…) me lassent assez vite, car étant pour la plupart uniquement basés sur des inventions culturelles et des jeux de mots relatifs aux patronymes étrangers, au détriment de l’histoire et du travail des personnages (en somme, rien ne vaut « Votez Bérurier ! », « Chez les Gônes », etc…).
Bref, un épisode sympathique de plus pour celles et ceux qui moi souhaitent tout lire, mais sans doute pas l’idéal pour se lancer dans l’oeuvre de Dard.
Critique par ALF, le 26 mai 2013

Une critique positive de ce roman a aussi été écrite par Igor B. Maslowski dans Mystère Magazine n°297.

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