Genre(s): Auteur(s): Epoque:
Edition: Fleuve Noir Dépot légal: 4ème trimestre 1979 Imprimeur: S.E.P.C., Saint-Amand-Montrond
La note du collectionneur

Y a-t-il un français dans la salle backRoman de 414 pages de format 15,5 X 24
Achevé d’imprimer le 20 octobre 1979
Pas de prix
Photos 1er et dernier plat : Jean-Claude Jouannet – Photos GAMMA

Dédicace : Pour Françoise,
à qui j’ai écrit ce livre.

Citation en début de livre :
Des noyés descendaient dormir à reculons.
Arthur Rimbaud

Comment réagirait le peuple de France s’il apprenait que l’un de ses grands leaders politiques, chef incontesté d’un des plus puissants partis, séquestre un homme auquel il apporte du saumon au milieu de la nuit, dont il vide les excréments et qu’il rêve d’anéantir ? Un extraordinaire roman commence, grossier, tendre et burlesque. Une corrosive histoire de chantage, de politique et d’amour où pour la première fois, selon l’auteur lui-même, Frédéric Dard faisait la jonction avec San-Antonio.

Une rafale de coups de poing…
Ce roman a été celui ou Frédéric Dard a fait la jonction avec San-Antonio. C’est à dire le premier roman signé San-Antonio dont le héros et l’histoire n’ont rien à voir avec la saga des San-Antonio. Ce faisant, il donnait une vie réelle à « sana » et acceptait définitivement l’identité avec sa créature.
Ce récit de l’apogée d’un destin politique à la fin du septennat de Giscard d’Estaing m’a subjugué. Je l’ai reçu comme une rafale de coups de poing en pleine figure. C’est tout à la fois drôle (parfois), dérangeant (souvent), émouvant (quelquefois), mais ce n’est, en tout cas, pas manichéen.
Le style en est excellent (que ceux qui pensent encore que Frédéric Dard ne savait pas écrire lisent ce livre !).
On retrouve, bien sûr, le procédé d’interpellation régulière du lecteur (que Frédéric Dard affectionnait particulièrement).
J’ai souvent pensé à Céline (un des maîtres de l’auteur) en lisant ce roman. Mais un Céline, auquel il reste encore quelques illusions et espoirs quant à l’humanité. Un Céline qui trouverait encore quelques parcelles de beauté dans notre monde. Enfin, un Céline qui saurait aussi être indulgent avec ses congénères…
Il ne me reste plus qu’à regarder le film qu’en a tiré Jean-Pierre Mocky en 1982. Néanmoins, le synopsis de ce film me donne des doutes sur la totale fidélité avec le roman…
Critique par JEANLEBLEU, le 23 mai 2012

L’auteur : Si les romans sont signés San-Antonio, l’auteur physique Frédéric Dard est né à Jallieu qui est devenu maintenant Bourgoin-Jallieu en Isère (oui, j’avoue, ça a un peu orienté mon choix de lecture, mais y’a pas que le rugby à Bourgoin).
Le livre: Le président Tumelat, vieux beau qui fricote avec sa secrétaire Ginette Alcazar, se voit informé que son oncle, le vieil Eusèbe, s’est pendu. Héritier de la maison, il s’y rend, et y croise Paul Pauley, le flic qui le surveille de près (on ne sait jamais), ainsi que Georgette Réglisson, la femme de ménage. Qui a une très jolie fille : Noëlle, blonde, dix-sept ans, elle joue de la flute et plaît beaucoup au Président. Mais il a d’autres soucis : dans le mur de la salle de bain de son oncle, il cache depuis plus de vingt ans le secret qui a poussé le vieil Eusèbe au suicide.
Bon, j’ai pris ce livre par curiosité. Je me suis éclatée pendant les premières pages avec ce langage à la fois ordurier et précieux, avec des tournures de phrases plus que recherchées au milieu desquelles fleurit une grossièreté. Ce qui ne m’a pas rebutée, c’est que ce langage est une véritable provocation de la part d’un auteur qui sait parfaitement manier le néologisme et le mot précieux. Bon, il faut avouer qu’au bout d’un moment, ça lasse. Surtout que le langage n’est pas le seul à provoquer : l’auteur fait volontiers dans le pornographique sans prendre le moindre gant, avec désinvolture. D’autant plus qu’il compte sur sa truculence verbale pour faire patienter ses lecteurs au niveau de l’intrigue : combien de fois ai-je failli refermer ce livre où les choses n’avançaient pas assez vite à mon goût? Mais la curiosité a été la plus forte, et il faut avouer que cette histoire de plus en plus intrigante a eu raison de ma fainéantise. Une découverte intéressante, même si on est dans un genre que je n’affectionne guère (policier + provocation gratuite). Je terminerai par le meilleur point, selon moi, de ce livre : toutes les intrusions de l’auteur, rompant cette fameuse illusion romanesque pour s’adresser directement au lecteur en justifiant en note d’avoir choisi tel ou tel mot parce qu’il avait envie de le placer, et de traiter de « lecteur à la con » celui qu’il se délecte à « emmerder préalablement, et ce de manière indélébile, formelle et indexée ».
J’inscris donc ce billet pour le challenge San-A lancé par Daniel Fattore, et le remercie pour m’avoir (indirectement) fait découvrir cet auteur et ce style!
Posté par Melusine1701

Ce livre a été réimprimé 5 fois au Fleuve Noir entre octobre 1979 et septembre 1982 et il a été aussi réédité au Fleuve Noir en septembre 2006, mais aussi chez France Loisirs en avril 1980 (5 réimpressions entre juin 1980 et avril 1981).

Il a été aussi édité en format poche chez Presses Pocket en décembre 1982 (1 réimpression en septembre 1983 et une autre, cette fois sans logo en avril 1986, puis réédité de nouveau en décembre 1989 (1 réimpression en janvier 1991) et en 1995. ( voir détails dans commissaire.org)

Enfin, il a été republié dans une compilation au Fleuve Noir en 2015 intitulée Y a-t-il un français dans la boite à gants? contenant ce roman et Les clefs du pouvoir sont dans la boite à gants.

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