La foire aux asticots

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Edition : Fleuve Noir

Dépot légal : 3ème trimestre 1955

Imprimeur : Imprimerie Foucault, Kremlin-Bicêtre

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La foire aux asticots backCollection Spécial-Police n°77 avec haut non massicoté.
Prix : 225 FRS B.C.
Dessinateur 1er plat : Michel Gourdon

Dédicace : A MARCEL DUHAMEL
Eminence Noire de la Littérature
K.

La foire aux asticots, signé d’un pseudonyme reconnu de Frédéric Dard, Kaput, est le 1er d’une série de quatre ouvrages consacrés aux mémoires d’un dangereux criminel dénommé Kaput. Ecrit à la première personne, entre argot d’époque et néologismes, le style ressemble à celui de San Antonio, première époque, mais sans les grandes envolées et les notes en bas de pages, sans l’humour parfois ravageur. Pourtant parfois Frédéric Dard semble oublier ce style propre à Simonin et Ange Bastiani pour revenir à sa propre écriture, et l’on retrouve le Frédéric Dard parfois désabusé.

Lorsque à 22 ans il s’évade de prison, ce n’est qu’un petit truand sans envergure, ignorant encore du démon qui l’habite. Mais le destin place sur sa route une belle garce aux yeux mauves qui agit tel un révélateur sur ses pulsions profondes. C’est elle qui le pousse à tuer pour la première fois, en envoyant ad patres un mari gênant. Dès lors, il enchaîne crime sur crime, poussé par la fatalité, au gré des circonstances, sans aucun état d’âme, sans aucune pitié. Devenu Ennemi Public N° 1, il s’enfuit en Italie poursuivre sa carrière d’équarrisseur…

En prélude, on trouvera un avertissement au lecteur intéressant qui revient sur un thème cher à Frédéric Dard, le Destin qui transforme un homme normal en dangereux criminel.
Avertissement au lecteur La foire aux asticotsIgor B. Maslowski, qui n’a pas aimé ce roman, tout en reconnaissant que l’argot utilisé était correct, y a consacré une critique dans Mystère Magazine n°92 de septembre 1955.

Cette édition originale, qui était la première de la série des Kaput, a été commercialisée en 1955 avec un bandeau.

En septembre 2020, Yvon Bouëtté a publié une chronique de ce 1er épisode de la série dont le texte est repris ci-dessous :
Note : 4 / 5.
Il faut un début à tout*.
« Appelle-moi Kaput, si tu tiens tellement à me coller un blaze…. »
Kaput est un condamné à mort, comment et pourquoi en est-il arrivé là ?
Revenons au début de cette descente aux enfers ! Il est en train de purger une peine de prison à Rouen, pour de petits délits, rien de bien méchant, mais il profite d’un transfert pour s’enfuir. En fuite, il dépanne une voiture, les occupants acceptent de l’amener à Paris, et même de l’héberger. Lui semble être un homme d’affaires, et elle, Emma est une belle, pour ne pas dire très belle femme. Avec eux, un homme à tout faire Robbie et un vieillard dont Kaput doit s’occuper.
Un jour où Emma et Kaput sont seuls, ce qui doit survenir survient ! Puis ensuite la passion grandissant, la décision de tuer le mari est prise. Le plan est parfait, la réalisation superbement exécutée, le retour à la maison se passe sans problème. La demeure est silencieuse, son cadeau de retour une bouteille de rhum dont il use sans modération. Mais la gueule de bois est brutale. Il est réveillé par la police, il n’y a plus personne dans la maison, sauf le vieillard égorgé dans son lit. La belle et l’homme de main ont pris la poudre d’escampette !
Emma réapparaît au procès de Kaput… et celui-ci est condamné…. Un jour il reçoit un colis de nourriture, mais celle-ci est empoisonnée. Il s’évade de l’infirmerie, retrouve l’adresse d’Emma et commence un voyage vers le sud et un inventaire de cadavres à la Kaput ! Un infirmier, une prostituée décatie, un chauffeur routier, etc.. !
Le personnage principal est Kaput, manipulé par une femme trop belle et intelligente pour lui, il deviendra un tueur sans états d’âme, tout en étant parfois consterné par ce qu’il est devenu.
L’écriture est moins noire que dans « L’Ange Noir », l’argot est plus présent, l’humour aussi, et l’histoire tient la route…
Extraits :
– Y a des mecs qu’ont du fion et d’autres qui n’en ont pas. En général c’est tout l’un ou tout l’autre.
– Blonde, belle à vous couper le souffle, des yeux mauves, un petit air lascif…
– À mon âge, on ne se cassait pas le chou longtemps. Le merveilleux, on s’y habitue plus vite qu’à des godasses trop courtes.
– Mes paroles m’arrachaient la gueule tellement j’avais la certitude de faire une choserie.
– Bon Dieu ! Avec une femme pareille, sous son toit on avait l’impression de vivre en compagnie d’un incendie.
– Vous parlez d’une ruine non classée monument historique ! Elle avait la poitrine posée sur le ventre comme sur un coussin.
– Mon nouveau meurtre ne m’impressionnait que par son côté destin. Autrement ça allait pour le chapitre conscience. Ma parole, je commençais à prendre l’habitude.
– C’était elle qui avait fait de moi un homme définitivement perdu, un outlaw, un tueur…
* 1°) Pour l’auteur, il faut commencer à écrire la série.
2°) Pour le lecteur, commencer à lire la série.
3°) Pour le tueur commettre son premier crime.

A retrouver avec d’autres chroniques sur : http://eireann561.canalblog.com/

Ce roman a été réédité une fois au Fleuve Noir avec une parution le 18 mars 1998.

La foire aux asticots réédition18 mars 1998

Il a aussi été édité 6 fois jusqu’à présent dans une compilation intitulée Un tueur , la dernière édition datant de 2016.

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