Les scélérats

Genre(s) :

Epoque(s) :

Edition : Fleuve Noir

Dépot légal : 3ème trimestre 1959

Imprimeur : Imprimerie Foucault

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C’est le Spécial Police n° 197 commercialisé à l’époque au prix de 240 FRS.
Dessinateur 1er plat: Gourdon
Les scélérats

Louise travaille dans une usine et n’éprouve dans sa banlieue morne et monotone aucun plaisir à vivre… Elle vit avec un beau-père alcoolique et une mère dotée d’un bec de lièvre qui lui fait honte. Un jour, elle tombe en extase devant la demeure de riches américains.
Ce couple la fascine, et elle n’a plus qu’une idée en tête : être engagée comme servante chez eux, et pénétrer dans cette « île » qui l’a fait tant rêver. Elle propose donc ses services au couple et finit par être engagée par eux, sous l’œil désapprobateur de sa mère.
Qu’est-ce qui séduit tant Louise chez les Rooland ? Le physique avantageux de Monsieur qui semble la subjuguer ? L’alcoolisme mondain de Madame, qui écoute Elvis Presley, tout en sirotant un whisky ?

« Les scélérats » est un roman très intéressant du point de vue des personnages. Comme le titre l’indique, chacun a quelque chose de vil à se reprocher, et malgré les apparences on voit clair dans leur petit jeu. Pourquoi Madame Rooland boit-elle? Pourquoi Monsieur rentre-t-il tard du travail et accepte-t-il l’alcoolisme de son épouse ?
Louise n’est pas insensible au charme de son patron et déploie des trésors d’ingéniosité pour lui être agréable, pour qu’il la regarde, qu’il la désire et la convoite, comme elle le convoite de son côté. Autour de ce triangle et de cette ambiance parfois malsaine, le lecteur est happé par le côté animal et dévastateur de chacun des personnages.
Madame Rooland trompe ouvertement son mari, quant aux parents de Louise, ils acceptent que leur fille reste au service du couple dès lors que l’argent rentre dans les caisses. Quant à Louise, sous ses allures de bonne fille, elle n’hésite pas a sa vautrer dans les bras de son patron à la mort de son épouse.
Tous coupables ou détestables : une servante concupiscente, calculatrice et envieuse, un patron aux allures d’homme bon qui se révèle faible, une patronne alcoolique et désabusée ou encore la mère de Louise cupide et froide… des portraits au vitriol, comme je les aime, sans indulgence, avec en prime une ambiance d’époque, un brin de sensualité, saupoudré d’une once de malignité, avec un final digne des plus grands romans.

Je vous invite donc à vous plonger dans ce roman. Il possède juste ce qu’il faut d’obscur chez l’être humain pour éveiller l’intérêt, il est assez court pour ne pas nous lasser, on aurait même tendance à en redemander, et surtout, il est d’une rare finesse. Chaque personnage évolue dans son univers trouble, chaque caractère éclate et se révèle au contact de l’autre, et le final est monstrueusement génial !
Extrait du blog de Foxy Lady

En 2020, Yvon Bouëtté a publié une chronique de cet ouvrage dont le texte est repris ci-dessous :
Note : 4,5 / 5.
Méfie-toi, jeune fille !
Une jeune fille Louise s’ennuie, entre Arthur, le compagnon de sa mère et celle-ci. Elle vit dans une banlieue grise et comme toute jeune fille elle rêve d’autre chose. D’un peu de bonheur, pas beaucoup, un peu. Alors, quand parmi ses voisins elle fait la connaissance d’un couple d’Américains, elle se fait embaucher comme bonne à tout ! Tout faire ?
Malgré les mises en garde de sa mère et d’Arthur, elle accepte, le salaire est le même qu’à l’usine, mais elle est nourrie. Elle insiste pour avoir une chambre dans la maison, ce qu’elle obtient. Le couple formé par Thelma et Jess Rooland ne semble pas des plus heureux. Elle ne fait rien, boit et fume du matin au soir, lui travaille et rentre à 17h30 tous les soirs.
Les mois passent, rien de notable, mais Louise se sent attirée par Jess.
Les Rooland décident d’organiser une soirée, Louise accepte de s’occuper de tout, achats compris.
Les invités boivent, puis mangent et boivent encore. Un homme commence à être un peu trop entreprenant envers Louise, Jess le met KO. Mais un autre problème clôture la soirée, Louise découvre des ombres dans une voiture et prévient Jess qui découvre son épouse et un invité faisant l’amour. Jess gifle Louise comme si elle était responsable, celle-ci retourne chez sa mère.
Thelma revient la chercher et lui explique que ce qui s’est passé cette nuit-là n’a rien de grave…
Mais Louise n’est pas au bout de ses peines, ni d’être témoin et protagoniste de drames familiaux !
Un soir, au retour de Paris, la voiture de la famille Rooland est heurtée par un train, Thelma est mourante et Jess légèrement blessé. Louise part en ambulance avec Thelma pour l’hôpital.
Mais la question est la suivante : le passage à niveau était-il ouvert ou fermé ?
La police ouvre une enquête…
Tous les personnages de ce roman noir ont une face très sombre sous des aspects tout à fait convenables.
Une jeune fille, des rêves pleins la tête quittant la grisaille d’une vie d’ouvrière d’usine pour le rêve américain, mais en France. La passion amoureuse dévore tout sur son passage.
La mère de cette jeune fille, femme aigrie, affublée d’un bec de lièvre et d’un compagnon attiré par la dive bouteille. Elle aime l’argent alors c’est facile de la convaincre de laisser sa fille chez ces Américains.
Une famille américaine déchirée, un homme manquant de caractère et une femme qui boit pour oublier un drame ancien.
C’est bien écrit, c’est très noir, le monde est triste. Donc cela manque cruellement d’humour, pas un petit rayon de soleil n’arrive à percer le ciel de Léopoldville.
San-Antonio est loin.
Deux personnages féminins, Thelma et Louise, cela ne vous rappelle rien ?
Extraits :
– Je ne sais pas s’il m’a entendu. En tout cas il m’a caressé les cheveux, plusieurs fois, d’un geste doux, avant de sortir.
– Enfin, lorsqu’on sert chez les autres on doit s’étonner de rien.
– Ce n’était pas des voleurs, mais Madame et le général aux cheveux blancs. Ce qu’ils faisaient là, je n’oserais jamais vous le dire.
– Pas rasé, la paupière gonflée et les orteils passant par les trous de ses pantoufles il faisait penser à une photo de Détective : le sadique du mois !
– On a tous ses misères, vous voyez, même quand on est américain.
– À cette époque, on eut dit que j’avais comme le pressentiment de ce qui allait arriver.
– Le fric ! C’est fou ce que les Américains connaissent bien la vraie puissance du dollar.
– Allez donc expliquer l’extase avec des mots, vous autres !
A retrouver avec d’autres chroniques sur : http://eireann561.canalblog.com/

Une partie de cette édition a été réservée exclusivement pour des ventes au Canada.

 

 

 

 

 

 

 

Une nouvelle édition a vu le jour pour célébrer la sortie le 4 mai 1960 du film éponyme réalisé par Robert Hossein et dont l’adaptation a été faite par Robert Hossein et Frédéric Dard et les dialogues ont été signés de Frédéric Dard. Cette édition, de Dépot Légal du 1er trimestre 1960, a été imprimée sur les presse d’ Imprimerie Commerciale d’ Yvetot et a été commercialisée au prix de 2,40 NF.

 

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